Décisions du SEL-SETCa sur l’avis n°3 du Groupe central du Pacte et sur la poursuite des travaux

Réuni le vendredi 17 mars 2017, le Comité professionnel communautaire du SEL-SETCa

  1. affirme une nouvelle fois sa volonté de voir évoluer positivement notre système scolaire et lui permettre
    • d’être « juste et efficace» (par la réduction des inégalités scolaires et sociales, par la lutte contre l’échec scolaire) ;
    • de rétablir chez les enseignants le « plaisir d’enseigner » ;
    • de considérer les enseignants, éducateurs, paramédicaux comme des professionnels ;
    • de rétablir chez les élèves le désir et le plaisir d’apprendre ;
  2. marque son accord pour qu’un de ses représentants continue à participer aux travaux du Groupe central, relatifs à la mise en oeuvre des différentes mesures du Pacte ;
  3. entend y adopter une position offensive, préservant sa capacité de critique et de pression, et combattra toutes les mesures qui détérioreraient le statut et les conditions de travail des membres du personnel ;
  4. affirme vouloir préserver sa liberté de négociation dans le cadre des travaux du Groupe central concernant l’élaboration des mesures à implémenter. A ce titre, Il entend également pouvoir fixer des limites à la notion du « respect des équilibres » dont il est question dans le texte liminaire de l’avis. Il serait en effet inacceptable qu’à l’occasion de chaque critique au regard d’une modalité de concrétisation d’une mesure, il soit reproché à son auteur que celle-ci remet en cause les « équilibres » du Pacte.
  5. prend acte de l’engagement budgétaire du gouvernement ;
  6. prend acte du phasage, jusqu’en 2030, des réformes envisagées ;
  7. estime, après consultation de sa base syndicale, que les aménagements apportés au texte de l’avis n°3 restent à ce stade insuffisants pour offrir toutes les garanties demandées et qu’il conviendra de les améliorer lors des négociations futures ;
  8. entend, à cet égard, mettre en évidence un certain nombre de points d’attention (voir ci-dessous) qui sous-tendront sa démarche lors des futurs travaux du Pacte.

Points d’attention soulignés par le Comité professionnel communautaire du SEL-SETCa du 17 mars 2017

  • L’approche managériale fait penser qu’en faisant changer les structures et en augmentant les contraintes sur les enseignants, le système éducatif et la réussite des élèves en seraient fortement améliorés.[1]

Cette vision managériale ne nous apparaît pas permettre de

  • considérer les enseignants comme des professionnels ;
  • redonner le plaisir d’enseigner.
  • Les améliorations attendues du système scolaire et de la réussite des élèves reposent quasi exclusivement sur les épaules des enseignants. Dans cette perspective, la non atteinte des objectifs sera immanquablement imputée à la mauvaise volonté ou à l'incompétence des enseignants. Les directions et les pouvoirs organisateurs des écoles, quant à eux, sortent du Pacte globalement renforcés (plus de soutien et plus de pouvoir discrétionnaire), alors qu’on demande aux enseignants d’en faire plus, qu’on augmente le contrôle sur leur travail et la possibilité de les sanctionner.
  • Rien ne semble susceptible de bénéficier directement et concrètement aux enseignants et aux autres personnels de l’enseignement. Par exemple, rien n’est prévu pour qu’ils puissent travailler dans de meilleures conditions pour leur permettre d’atteindre les objectifs du Pacte. Une bonne école passe par un enseignant heureux d’y être !
  • L’insistance sur le management (new management) tend à réduire les enseignants à de simples exécutants, les rend dépendants de PO auxquels ils seront redevables de leur emploi et leur fait courir le risque d’une évaluation de conformité aux attentes de l’école qui les paralysera plus qu’elle n’aura de chance de les motiver.
  • Evaluation « sommative » (ou évaluation-sanction) : notre opposition au principe même d’une sanction pouvant aller jusqu’à la rupture de la relation de travail après deux évaluations défavorables consécutives.
  • Système d’évaluation en cascade : rappel de la demande du SEL de mettre plutôt en place un système d’Intervision/supervision dans les conditions des autres secteurs éducatifs…
  • Charge de travail : absence de balises claires et strictes aux cinq composantes de la charge de travail des enseignants… Rien ne garantit que les personnels ne devront pas effectuer un réel bénévolat dans des missions au service de l’école... au détriment de la préparation de leurs cours.
  • Les incertitudes sur l’avenir de l’enseignement qualifiant, de l’enseignement de transition et de l’enseignement spécialisé continuent d’exister.
  • L’absence d’une véritable clarification concernant le Tronc commun. Il aurait été de bon aloi d’attendre la fin des travaux du GT « Tronc commun » : il ne peut y avoir de véritable adhésion à cette forme de tronc commun si on ne lève pas les multiples incertitudes sur les contenus et leur articulation dans l’horaire et le cursus des élèves, ainsi que dans l’horaire et l’organisation du travail des enseignants…
  • La manifeste disparition de la phase 2 (période de choix du métier) de la forme 3 du secondaire spécialisé (forme qualifiante du Spécialisé).
  • « soutenir et investir dans les équipes pédagogiques pour leur permettre de répondre aux défis de l’école du 21e siècle », notamment par le fait de « revaloriser, diversifier, mieux accompagner la fonction enseignante et développer les pratiques collaboratives » reste pour le SEL un point important.
  • L’absence de réexamen de l’organisation de notre enseignement en réseaux. Ceux-ci paraissent sortir renforcés des travaux.

[1]Le Comité communautaire s’interroge sur les visées réelles et les effets de la forme de « New Public Management sur l'Ecole ». dans d’autres pays cela semble conduire à des impasses.