Le 6 février 2010
Contrairement à ce que prétendent, de manière perverse et blessante, le SeGEC et la CSC-Enseignement, le rapport en soi ne s’en prend pas aux enseignants. Il ne les met en aucune manière en cause. En revanche, il établit des constats ciblés. Des éléments centraux du système scolaire sont critiqués et font l’objet de propositions :
L’imprécision des référentiels de compétences communs ;
L’absence d’indicateurs de maîtrise des compétences ;
L’absence de planification des apprentissages qui fait difficulté dans la continuité de ceux-ci. « Il est parfois difficile d’identifier des savoirs et savoir-faire communs aux différents programmes de cours. » ;
L’hétérogénéité des programmes en termes de contenus d’apprentissage (et non en termes de méthodes) ;
La disparité des contenus d’évaluation d’une école à l’autre, voire d’une classe à l’autre.
...
Il est souligné que là où la direction est un moteur pédagogique, les difficultés sont moins présentes (n’est-ce pas un des motifs de la réaction du SeGEC ?).
Ces constats étaient, pour la plupart, connus. Il y a longtemps que nous ne manifestons plus aucun angélisme : deux décennies de réformes douteuses, précipitées, sans réelle concertation avec les personnels, ont conduit à un système d’enseignement inégalitaire et inefficace. Pour le SEL, il faut à tout le moins procéder à une analyse critique de la pédagogie par compétences et de sa concrétisation.
Le SeGEC et d’autres prétendent aujourd’hui que ce rapport salit les enseignants ; ceux qui les salissent sont plutôt ceux qui, hier, ont livré sciemment aux médias le rapport afin, sans doute, de pouvoir épancher leurs états d’âme pour mieux racoler des enseignants blessés. Il eût été plus sain d’en faire une lecture posée et rationnelle, comme eussent dû pouvoir la faire les partenaires de l’enseignement.
Enfin et sans vergogne, le SeGEC se prévaut d’une remise en cause des réformes auxquelles il a largement collaboré, voire dont il fut un ardent promoteur.
Les voies du Seigneur sont décidément impénétrables !
Pour le Bureau Exécutif du SEL
Joan LISMONT