Le 14 février 2009
Le venimeux conflit qui persiste à propos du décret « mixité sociale » nécessite quelques éclaircissements de notre part.
Le SEL a diffusé deux communiqués de presse assez radicaux sur ce qu’il perçoit comme un véritable conflit autour de l’école et de ses missions.
Que vient faire une organisation syndicale de l’enseignement dans ce débat ? Ne devrait-elle pas se contenter d’intervenir pour la défense des conditions de travail ?
Certes une organisation syndicale défend les conditions de travail de ses affiliés. Elle défend aussi des valeurs et un projet de société. N’importe quelle vision de l’enseignement n’est pas compatible avec ce projet de société, avec nos valeurs. Le SEL, comme la FGTB, a des revendications sur les finalités de l’enseignement, son organisation, le parcours des élèves. Nos valeurs, nos projets pour l’enseignement, nos conceptions des métiers de l’enseignement sont retravaillés pour chaque campagne des élections sociales. Vous pouvez vous référer au fascicule diffusé au début 2008. Vous pouvez également vous référer à la contribution au Contrat stratégique que le SEL avait, avec la CGSP Enseignement, la FGTB Wallonne et la FGTB de Bruxelles diffusée le 15 février 2005 ; l’essentiel s’y trouve (textes disponibles sur demande).
Nous sommes attachés à une « école Institution » (comme la justice est une autre institution) qui sert le bien commun ; nous rejetons la perspective d’une « école service », néanmoins payée par l’impôt de tous !, à l’usage de clients —parents ou élèves.
Nous pensons que l’enseignement doit apporter à tous les élèves la capacité de comprendre le monde et d’ainsi pouvoir agir collectivement pour sa transformation. Une attention particulière doit être portée dans ce cadre là également à ceux qui subissent les crises (financière, économique, sociale, environnementale, alimentaire).
Par nos communiqués de presse, nous avons voulu :
défendre les conditions de travail actuelles –et à venir– de tous les travailleurs de l’enseignement ;
défendre la considération que les personnels méritent ;
rappeler nos options pour un enseignement réellement démocratique ;
signifier que l’association et la coordination demandant la démission du ministre, la suppression du décret « mixité sociale » ne sont pas les seules à pouvoir s’exprimer sur la question du mode d’inscriptions ;
dire que cette association et cette coordination développent des idées que nous contestons au nom de nos valeurs.
Nous développerons ceci dans les pages suivantes.